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4 novembre 2012 1 Commentaire

Liberté chérie

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Sophie a la rage au ventre.
Depuis des mois, elle tourne en rond. Le temps lui parait si long. Elle rêve de partir, persuadée que là-bas, tout lui sourira. Elle a l’impatience des chevaux qui piétinement dans leur box, rêvant de grands espaces, d’obstacles et de vent.
Elle a à peine 23 ans et la vie lui semble au quotidien tellement ennuyeuse… Elle n’en peut plus d’étudier toute la journée.
Elle vient de décrocher son diplôme d’infirmière. Elle n’a jamais vraiment su quelle carrière elle souhaitait embrasser. Infirmière lui paraissait être une bonne idée.
Sophie ne souhaite pas pour autant s’occuper de son prochain, elle veut seulement se sentir vivante.
Pas d’attache, elle veut suivre le vent et les grands espaces l’attirent. Tel Christophe Colomb, elle rêve d’Amérique.
Elle compte s’installer dans un coin reculé, au beau milieu de nulle part. Des économies, elle en a. Ses parents ont disparu il y a 5 ans déjà et elle vit chez ses grands-parents. Elle a tout vendu et le joli petit pécule qui fructifie depuis tout ce temps l’a mise à l’abri pour quelques temps.
Sophie n’est pas une jeune-femme comme les autres. Son apparence lui importe peu. Heureusement, mère nature l’a conçue jolie et pétillante. Un peu renfrognée parfois, solitaire souvent. Elle n’atteint pas le mètre 70, ses cheveux courts coupés à la garçonne sont aussi noir que la nuit. Ses grands yeux verts illuminent son visage. Ils semblent absents souvent…
Ses grands-parents ne sont plus très vaillants et elle prenait plus soin d’eux que le contraire. Aussi quand papy lui a annoncé il y a quelques mois qu’ils allaient déménager dans un centre médicalisé, Sophie fut soulagée.
Sophie a donc fait faire un passeport, demandé une carte de séjour. Elle compte aller dans les grandes plaines du Nord, le domaine des bisons, des indiens, des chevaux. Le climat y est rude parfois mais Sophie éprouve un besoin irascible de se confronter aux extrêmes ! La vie a été si facile pour elle jusqu’à ce jour. Bien-sûr elle a perdu ses parents mais elle ne supporte plus de vivre dans du coton. Comment connaitre la vie, si elle reste ainsi ? Elle a besoin de prendre l’air mais surtout, elle a besoin de solitude afin de pouvoir se trouver. Plus tard, elle ira vers les autres, il y a certainement beaucoup à faire là-bas mais elle veut dans un premier temps, se confondre avec le paysage, se prouver qu’elle peut se débrouiller seule et ne faire que ce dont elle a envie.
Demain, elle se rendra à l’aéroport et bye-bye. La valise est prête.
Son voisin Jean, lui trouve du courage. Il aimerait tellement l’empêcher de partir parce qu’il a des sentiments pour Sophie et depuis longtemps. Mais, il est timide et elle ne l’écoute jamais. Elle joue avec lui comme on lance un dé. Et Jean, ne dit rien, habitué qu’il est depuis des années à subir les petits caprices de Mademoiselle. Le soir, il la regarde se déshabiller, à travers la fenêtre. Elle ne ferme jamais les volets. Il se caresse en rêvant d’un avenir commun.
Depuis quelques jours, jean ne dort plus. Il sait que Sophie va partir. Elle le lui a dit. Aucune tristesse dans ses yeux et cela le rend terriblement malheureux. Comment peut-elle envisager de partir ? Comment peut-elle songer à l’abandonner ?
Jean sent la colère monter en lui, un peu plus à chaque heure qui passe. Il ne mange plus et ses yeux dans le miroir ont changé. Ils sont devenus aussi noirs que le pire des cauchemars. Jean a l’impression que sa tête va exploser. Ses mains le démangent. Il tourne en rond dans sa petite chambre depuis des heures et a l’impression que c’est le monde qui lui échappe. Une voix semble lui crier qu’il doit la retenir. Mais comment ?
Alors, jean, n’y tenant plus quitte sa chambre et traverse la rue. Il entre chez Sophie et monte les étages jusqu’à parvenir à l’entrée de sa chambre. Il ouvre la porte sans prendre la peine de frapper. Elle le regarde étonnée.
-Je t’aime et tu ne peux pas partir, lance t’il désespéré.
Mais Sophie, déstabilisée, éclate de rire.
Déjà, elle ne le regarde plus et vaque à ses occupations. Elle vérifie une dernière fois le contenu de sa valise. Elle allait oublier son livre préféré.
Il fait un pas vers elle et la saisie par les poignets.
-Lâche-moi hurle t’elle, tu me fais mal.
Mais Jean, n’est plus lui-même. Il la serre dans ses bras, l’embrasse dans le cou.
Elle se débat, cherche à l’éloigner d’elle en le frappant.
Surpris, il la gifle. Elle se débat encore et ses vêtements se déchirent. Il se jette sur elle, il est comme fou. Le désir d’elle est si fort qu’il ne se rend même pas compte qu’elle suffoque. Il la serre tout contre lui. Elle est à lui, elle lui appartient. Il prend alors possession d’elle. L’acte est d’une violence inouïe.
Sophie ne respire plus. Il ne semble rien remarquer tant la passion l’aveugle. Quand dans un ultime râle vers le plaisir ultime, il relâche enfin son étreinte et semble redevenir lui-même, la jeune-femme git, inanimée.
Jean la secoue, se frappe la tête puis éclate d’un rire tonitruant dans la petite mansarde…il vient de basculer dans la folie. Personne ne pourra plus rien pour lui.
L’Amour les a emportés tous deux. Avec lui, les rêves de grandeur, l’illusion du bonheur.

27 octobre 2012 0 Commentaire

Fleur est son prénom

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Fleur, c’était son prénom.
Elle paraissait tellement fragile.
Un petit bout de jeune fille, aux yeux bleus et aux longs cheveux blonds.
Un amour d’enfant disaient ses parents.
Elle ne prenait pas beaucoup de place, paraissait timide mais sous la carapace, une énorme personnalité.
Fleur, que beaucoup surnommaient Fleurette, faisait l’unanimité. Elle portait des vêtements de coloris foncés qu’elle achetait à Paris. Des habits déjà portés auxquels elle offrait une seconde vie. Elle leurs ajoutait des boutons, des broderies…aux couleurs de l’arc en ciel. Elle adorait porter casquette ou chapeau qui lui offraient quelques centimètres vers le haut…elle qui rêvait de toucher les étoiles.
Autour de son cou, une écharpe de laine ou de soie pour ne pas attraper froid. Car, elle se savait fragile et depuis sa naissance, les séjours à l’hôpital avaient été fréquents.
Elle aimait les matins où le soleil était déjà haut dans le ciel et que la neige recouvrait le sentier qui la menait au lycée. Elle mettait alors de grosses bottes fourrées qui semblaient lui remonter jusque sous le menton. Le blouson auquel elle avait ajouté des épaulettes regardait alentour, ce paysage encore tout endormi, cette neige maculée qu’aucun pas n’avait encore tâchée…Notre Fleurette sifflotait comme à son habitude. Elle s’émerveillait de tout. Elle aimait aller à l’école. Elle y puisait toute l’inspiration dont elle avait besoin pour écrire le soir sur son ordinateur. Elle avait la passion des mots et des histoires. Elle avait fini par créer un blog afin d’avoir un avis sur la valeur de ses textes mais même s’il avait été défavorable, elle aurait continué à publier. Elle était persuadée du haut de ses 17 ans que quelqu’un comme elle, à l’autre bout de la planète ou tout à côté de chez elle, se sentirait concerné par ses textes et voudrait la rencontrer. Elle si introvertie au quotidien, retrouvait tous ses moyens lorsqu’elle s’exprimait sur le net. Sur la toile, aucun critère de discrimination. Pas d’âge, de physique…tous à égalité pour le plaisir de communiquer. Elle avait rencontré toutes sortes de gens mais elle restait prudente. Parfois, certains était mal intentionnés. Quand elle lisait la déviance, elle fuyait. En revanche, quand elle sentait la souffrance, elle restait attentive et ne coupait pas le fil. Cela lui demandait de l’énergie, beaucoup d’énergie. Certains communiquaient tard dans la nuit mais, elle était toujours là, l’écran en veille. C’était avec beaucoup de discrétion qu’elle faisait entrer parfois ces pauvres âmes dans ses histoires. Certaines disparaissaient sans un mot d’explication, d’autres demeuraient. Elle espérait leur offrir un peu de soleil, elle qui aimait tant les étoiles.
Et puis, il y a eu Manu.
Pendant des mois, elle l’a porté à bout de bras. Il était au plus bas. Les évènements s’acharnaient contre lui. Chaque jour était un véritable combat. Il n’y avait pas une once d’optimisme en lui, constamment il broyait du noir. Mais, elle est restée jusqu’au bout…sa déchéance lui faisait mal. Elle se sentait impuissante face à son chagrin d’amour. Manu avait le coeur brisé. Son amour l’avait porté si haut dans le ciel que la chute, elle le subodorait allait être mortelle. Mais, elle y a cru pour 2 parce qu’il n’était pas question qu’il meurt d’amour. Les sentiments, la passion cela devaient transporter. Un amour qui meurt et c’est un autre qui peut renaître. Ce serait tellement facile si l’on pouvait trouver son Amour dès le premier sourire, le premier regard…Manu, dans la réalité, cela ne se passe pas comme cela et un amour s’il n’est pas partagé n’est pas un Amour…
Alors, sentant Manu au bout du chemin, elle franchit le pas.
Elle, Fleur, petit bout de femme, ne pouvait se résoudre à lâcher l’affaire. Après des semaines et des milliers de mots échangés, elle se devait un ultime assaut. Il devait entendre la voix de la raison. Elle ne le jugerait pas, elle ne portait jamais de jugement, elle écoutait simplement. Là, il lui fallait agir sinon, elle ne se le pardonnerait pas. Elle irait voir Manu.

Il habitait Montpellier. Elle prit l’avion.

Ce qui se passa ensuite, je le garderai secret. Mais, qui n’a pas envie de croire aux étoiles?
Deux belles âmes ont-elles fusionné ce jour-là? Trouva-t’elle les mots? Y fut-il attentif?

Fleur a suivi des études de psychologie. Elle travaille sur une radio locale.Tard, le soir, elle est à l’écoute de tous ces gens qui ont besoin de se confier. Elle se sent utile. Sa vie personnelle est un désert pourtant parce qu’elle voue sa vie aux autres mais elle parait heureuse ainsi. Un homme de temps en temps mais pas encore la perle rare.

Manu va bien. Il a refait sa vie.

Elle n’a plus de nouvelle comme bien souvent, elle donne beaucoup, énormément, mais reçoit peu.
Mais, elle est heureuse ainsi, je vous le promets, elle est heureuse.
Et le soir, quand elle sort des studios, elle regarde les étoiles…

17 octobre 2012 4 Commentaires

Nos différences…

Nos différences... dans Textes 150-300x224

Une erreur de la nature?

Parce que l’abeille n’aimait pas butiner, on l’a condamnée à l’exil.
Le chat n’était pas carnivore, on le croyait débile.
Au chien, il manquait une patte alors on l’abandonna.
Une souris sans poil faisait peur à tous les rongeurs. Les quolibets pleuvaient alors pour ne pas mourir de chagrin elle a quitté la colonie.
Le petit oiseau qui n’aimait pas voler a été renvoyé. Plus de béquée, tu iras seul chercher à manger.

En remontant l’allée, je remarque ce drôle de petit groupe. Je me cache et les observe. Ils ont organisé un colloque.
Le ton est sérieux. A-t-on jamais vu pareil rassemblement? Je ne bouge plus, captivée, j’écoute.

le chien :
-L’acceptation de nos différences garantit l’estime de soi. Bien-sûr elles provoquent un rejet de la part de l’autre. Celui de nos proches aussi parfois . Le manque d’affection, voilà ce qui est terrible. On manque d’Amour. La solitude devient notre plus grande amie. La douleur ne nous lâche jamais la main.

le chat:
-Mais, tu es bien bavard toi qui n’aboie jamais. Mais, je dois bien reconnaître que tu as raison. Je crois pourtant que cette douleur permet d’accéder au désir. En premier lieu, la recherche du bonheur, de notre bonheur. Je suis optimiste par nature et je retombe toujours sur mes pattes.

-Je sais très bien qu’il va falloir apprendre à vivre avec ce manque. C’est ce qui nous permettra d’affronter nos différences. Mais tout de même, quelle corvée ronchonna le petit cochon au corps d’Apollon qui venait d’entrer dans la ronde. On me donne à manger et jamais je ne grossis. Je suis la honte de la porcherie.

- Quand le manque devient trop insupportable, je me sers d’un objet transitionnel pour me reconstruire reprit le chat. Je prends ma souris en caoutchouc et je la tords dans tous les sens, je lui fais mal. Quand elle n’a plus de forme, je m’applique à lui redonner forme. Je canalise ainsi ma colère.

le chien à nouveau:
-Je ne sais pas s’il s’agit d’un mal nécessaire ? Moi, pour accepter mes différences et pouvoir enfin construire quelque chose, je me suis souvent retournée vers cette colère. Je sais qu’elle est mauvaise conseillère mais elle m’a aidée à tenir, à connaitre mes limites aussi. J’ai fait peur à des tas de gens en aboyant, en montrant les crocs comme ça sans raison. Finalement, je n’ai fait qu’attiser leur propre peur et leur haine aussi. La colère m’a aveuglé l’espace d’un instant, mais, j’y vois mieux maintenant.

- J’ai cessé d’être en colère et d’éprouver de la haine quand j’ai cessé d’avoir peur. Je suis allée vers l’autre. Pas celui qui me repoussait même s’ils étaient les plus nombreux mais celui qui m’acceptait. L’amitié est un palliatif durable. J’ai repris confiance. J’ai même pris des risques, moi le petit oiseau, en tombant du nid.

-Moi, ma différence est physique et je sens les regards. La question d’un enfant passe encore, mais le regard dur d’un adulte me fait me sentir mal. Il pense: » tu ne devrais pas être là ». Si l’enfant finit par m’accepter l’homme jamais! J’ai longtemps voulu gommer ma différence mais c’était peine perdue. Les poils ne repousseront pas et il n’existe pas de manteau pour petit rat. Alors, j’ai décidé de m’accepter telle que je suis dit la souris. Quand mes congénères observent ma peau noire, ils désespèrent et c’est tant pis.

-Mes parents affirment que ce qu’un être déteste le plus quand il rencontre quelqu’un de différent, c’est l’image qu’il lui renvoie de lui même. Elle fait peur, met mal à l’aise et tout un chacun refuse bien souvent de la reconnaître et de l’accepter. Encore cette satanée peur. Et puis, n’éprouvent-ils pas un peu de culpabilité aussi? demanda l’oiseau.

-Tu sais, ce n’est pas facile lors des championnats de récolte de pollen de finir éternellement dernier dans cette société où l’on prône l’excellence affirma posément l’abeille.

-On vénère tout autant la beauté et mon corps nu, personne ne le trouve sexy dit la petite souris en rougissant.

Je ne suis pas restée plus longtemps car je sentais l’émotion m’envahir. J’aurais voulu leur dire que chez moi, il y avait de la place pour eux tous. On était donc pas plus aimable au royaume des animaux. Je venais d’entendre leur souffrance et c’était moi qui avais mal maintenant.

De leurs différences venait de jaillir une incommensurable richesse. Celle de l’acceptation de l’autre quoi qu’il advienne, quoi qu’il fasse ou ne fasse pas d’ailleurs. Quelle formidable idée que de tout partager, le bon comme le mauvais.

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