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9 décembre 2012 2 Commentaires

Hétéroclite

La designer et architecte Marianne Pascal est une sorte de « Dr Jekyll & Mister Hyde » de la création… En marge de son travail d’architecte, régulièrement cité en exemple dans la presse spécialisée, elle imagine des objets hétéroclites, poétiques et farfelus, à partir d’éléments de récupération.

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Vous avez dit bizarre ?
A moins que ce ne soit abracadabrant, anormal, baroque, biscornu, braque, cocasse, curieux, déconcertant, déroutant, drôle, étonnant, étrange, excentrique, extravagant, fantaisiste, fantasque, fantastique, farfelu, fou, grotesque, hétéroclite, incohérent, incroyable, inhabituel, inquiétant, insolite, invraisemblable, loufoque ?

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Des goûts hétéroclites, qui vont dans tous les sens sans pour autant être de bon goût! L’hétéroclite est souvent lié à l’art, à l’artiste plus précisément.
Moi, je dis simplement, j’aime ou je n’aime pas…cela me parle ou ne me parle pas…pas de carcan juste la liberté d’aller glaner ci et là de l’information, de la trier…et de la redistribuer. On parle toujours mieux des choses que l’on aime c’est certain. mais comment se faire une opinion, que l’on pourra défendre ensuite si l’on parle sans connaitre? On n’aime pas toujours les mêmes choses et alors? C’est ce qui fait notre richesse…
Soyez curieux, toujours…

5 décembre 2012 1 Commentaire

La tête dans les étoiles

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Elle était là, assise sur le trottoir. Le visage levé vers le ciel, elle avait le regard dans le vide. à quoi pensait-elle?
Son prénom était Dolcevita. Mais son existence était tout sauf « douceur de vivre ».

Depuis toujours, elle avait refusé le système.
Pour elle, l’école buissonnière était la plus enrichissante de toutes. Elle errait de bibliothèques en librairies et passait le plus clair de son temps avec son ami google. Elle s’intéressait à tout et cela faisait d’elle quelqu’un d’érudit. seule, la politique l’ennuyait car elle n’y trouvait que mensonges et faux fuyants.
Orpheline depuis la naissance, elle errait de famille en famille.
Ceux qui l’accueillaient, n’étaient pas méchants mais elle ne se sentait jamais à sa place parmi eux. Alors, après plusieurs placements infructueux, on l’avait placée dans un foyer.
Elle avait décroché son bac avec mention. Elle souhaitait être architecte. Au travers de ses futures constructions, elle souhaitait redonner au paysage une vraie nature. Elle avait des idées, des millions d »idées.
Dolce partageait sa chambre d’étudiante avec une autre orpheline. Celle-ci était exactement son contraire. Il y avait une chance sur deux pour qu’elles s’attirent ou se repoussent…Pas de chance elles se détestaient cordialement.

Dolce passait son temps au dehors et ce jour-là, elle était là, assise sur le trottoir. Le visage levé vers le ciel, elle avait le regard dans le vide. à quoi pensait-elle?
Elle se leva pour traverser la rue et la voiture ne put l’éviter.
Elle fit une pirouette et retomba mollement sur la chaussée. Le choc la tua sur le coup.
Elle avait maintenant la tête dans les étoiles, là où elle avait toujours rêvé d’aller.
Pourtant, elle n’avait jamais eu peur de vivre.
Il est des destins que l’on ne peut expliquer.

1 décembre 2012 1 Commentaire

Période de fêtes. Histoire fictive.

Noël approche à grands pas!
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Déjà, les invitations sont lancées.
- L’an dernier c’était chez Tata, cette Année ce sera chez Mamie! Chacun s’y colle d’une année à l’autre. Quand on habite dans la même région c’est plutôt simple. Quand il faut loger tout son petit monde, c’est une autre affaire. Mais, c’est une période de fête et pour quelques jours, on oublie les différents.
C’est la trêve! Car, dans toutes les familles, traîne toujours une vieille histoire entre tonton et tata, cousin et cousine….une histoire de rien du tout qui échauffe un peu…un mot prononcé qui aura été mal compris…(ce que les gens peuvent être susceptibles parfois!).

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Et déjà, on parle du repas!
Qui fait quoi? Qui prépare quoi? Qui achète quoi?
Lorsqu’il s’agit d’un petit nombre, la maîtresse de maison prend tout en charge. L’an dernier c’était Tata. Cette année c’est Mamie. Chaque année, c’est la surprise.
Parfois elle est mauvaise… (Tata et ses mélanges sucrés salés tout mélangés…
- beurk a dit la petite Sophia à table l’autre fois.
Tata est allée pleurer dans la cuisine, Mamie l’a consolée et Tonton qui ne connait pas le mot empathie nous a demandé d’y mettre un peu du notre: Lui, vivait cela au quotidien et ne se plaignait pas ou plus.Il a un peu bégayé et on a tous rigolé. Tata est revenue s’asseoir avec nous. On lui a dit que si, si, c’était trèèèèèèèèèèèèèèès bon. Elle a souri. À nouveau, on a tous rigolé).

Lorsque le nombre d’invités est conséquent, on partage!
Toi, les huîtres de Bretagne?
Lui, le champagne qu’il a eu a bon prix grâce à un ami.
Andréa, la bûche qu’elle réussit merveilleusement bien! Elle seule est capable de réaliser une crème au beurre aussi onctueuse.
Mamie aime préparer les viandes! Cerf ou sanglier cette année? Elle ne pourra s’empêcher d’y mettre des baies.
Octave voudra des frites et Papy le soutiendra mais Mamie qui est chef en cuisine tiendra bon. Elle acceptera de faire des petites pommes-de terre parce que c’est Octave qui le lui demande avec ses petits yeux de biche et qu’Octave, c’est son petit préféré.
Pour le fromage, rien ne vaut celui de Corrèze et la spécialiste c’est Zaza! Elle en apportera des kilos et on criera tous que c’est trop mais au final, on mangera tout quand même.
C’est à se demander si la taille de notre estomac ne varie pas en période de fête!!!
Pour le vin, Papy sort les bonnes bouteilles, celles qu’il a achetées lorsque les petits enfants sont nés.
Ils sont grands maintenant et goûteront le breuvage. Ils n’apprécieront pas autant que les grands…qui ont appris à avoir du nez et un palais…mais gare aux excès.
Pour les toasts, le foi gras, le caviar….les verrines toujours à la mode, les petits fours, les……………STOP!
On aura plus faim au moment de passer à table comme toujours. Tous ces petits « amuse-gueules » qui prennent tellement de temps à la préparation et qui sont engloutis en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire.

J’oubliais, une variante : le restaurant! Plus guindé, moins drôle…plus cher aussi.

« Noël en famille c’est tellement chouette » a affirmé Sophia.

Dès l’apéritif, chacun ressasse les mêmes histoires. D »année en année, on les enjolive, on les transforme…On parle de la famille, des enfants, de la maison, des travaux, du quotidien. On se plaint un peu, beaucoup (l’humain adore cela). On oublie un peu le travail (ouf!). En revanche, allez savoir pourquoi, il y a toujours un petit drôle qui se met à parler de politique…Les enfants quittent alors la table pour se précipiter à l’ordinateur ou sur leur téléphone portable (le sms court les jours de fête et le réseau sature).
Lorsque les idées divergent, les esprits s’échauffent jusqu’à ce que mamie frappe du poing et ordonne de passer à table.

On mange, on boit.on se déride. Finalement, c’est bien de tous se retrouver de temps en temps pense Tonton Jean.

Et minuit arrive très vite. Les enfants trépignent d’impatience. Les grands aussi (allez, avouez, je ne le répéterai pas).

En amoureux, au restaurant, petites familles ou grande, le schéma reste le même.

Oscar Wilde disait: «Après un bon dîner, on peut pardonner à n’importe qui, même à sa famille. »
Heureusement que jours de fête existent. Ils rapprochent les gens. Certains restent seuls parfois et de savoir les autres joyeux ne fait qu’accentuer leur mal-être mais j’ai bien écrit que mon histoire était fictive. Je garde la part de bonheur aujourd’hui et j’écrirai pour l’homme seul et malheureux un autre jour. Il ne faut jamais tout mélanger, de peur de se perdre.

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Voilà, minuit vient de retentir à la grande horloge du salon. Les petits enfants sont dans la chambre. On leur a affirmé que le père Noël ne venait que s’ils étaient couchés.
Chez Tata, il y aura le voisin qui, déguisé en « Papa Noël » descendra du ciel pour boire une « coupette ». Mamie se mettra devant lui lorsqu’il lèvera sa fausse barbe blanche pour tremper ses lèvres dans le nectar. Les enfants ne doivent pas savoir.

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Petits et grands déballeront leurs cadeaux pendant que je prendrai mille photos.
Quoi de plus merveilleux que le visage d’un être (il n’y a pas d’âge) qui découvre devant ses yeux l’objet tant convoité.
Que j’aime ces étoiles qui scintillent dans leurs prunelles!
Je crois que le plaisir est aussi intense pour celui qui reçoit que pour celui qui offre.
Mamie en oublie d’ouvrir ses cadeaux. Elle admire ses petits enfants.
Ils crient, ils s’extasient…Elle est heureuse et son cœur est léger.

Quand elle ira se coucher avant nous autres, elle se sentira soulagée car tout se sera bien déroulé.
Les enfants après avoir remercié iront dormir.
Les adultes discuteront encore un peu. À cette heure là, on veut refaire le monde et le monde lui, cela le fait bien rire.

Il est des moments magiques dans la vie et cette période de Noël en fait partie.
Après les réveillons, on entame une nouvelle année. On promet des choses : je ne fumerai plus, je me remets au sport, je fais mes leçons…et après?

La vie est un éternel recommencement. Les moments de bonheur sont les plus importants.

25 novembre 2012 1 Commentaire

L’histoire de la petite coccinelle qui ne voulait rien regretter.

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Deux êtres, un même amour. Ils s’étaient rencontrés alors qu’ils n’étaient encore que des enfants coccinelles.
Lui, protecteur, intelligent. Elle, douceur, candeur, sourire.
Comme toutes les coccinelles, ils croyaient au bonheur. Celui qui dure, celui qui ne connait pas le mot fin.
Ils grandirent, suivirent des chemins différents mais chacun garda sa petite main de coccinelle dans celle de l’autre.
Lorsqu’ils étaient ensemble, un regard suffisait souvent à dire les choses.
Ils se voulaient mutuellement aussi fort l’un et l’autre. Ils se montraient jaloux parfois des rencontres de l’autre. Leur Amour se voulait exclusif.
Autour d’eux, la ronde se faisait et se défaisait. Les histoires brèves, les histoires chaotiques, les histoires dramatiques.
Eux tenaient bon, contre vents et marées. Si parfois, ils courbaient l’échine, cela ne durait jamais longtemps. L’amour reprenait le dessus, plus fort, plus solide qu’avant.
Et les années passèrent et toutes les choses « normales » de la vie d’une coccinelle se mirent à pousser et à se développer.
Chez les coccinelles, tout n’est pas toujours simple. Comme nous, elles doivent travailler pour subsister.
La vie d’une coccinelle n’est pas des plus faciles. Il faut lutter contre les invasions extérieures, trouver de la nourriture, protéger les siens.
Voler a toujours été le rêve de l’humain mais pourtant, les coccinelles rêvent souvent d’avoir notre squelette!
Comme nous, elles ne sont jamais contentes de leur sort.
Nos deux coccinelles se nommaient Frip et Biola.
Frip défendait sa petite famille du mieux qu’il pouvait et Biola était chargée de l’approvisionnement. Elle gérait le garde-manger de la famille Lady Bird. Les pucerons se faisaient rares et l’appétit vorace de la famille allait crescendo. Il faut dire que Biola mettait au monde beaucoup, beaucoup de petites larves et celles-ci étaient encore plus voraces qu’elle. SI l’homme mangeait autant que la coccinelle, il serait énormeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee.

Un jour cependant, Frip ne revint pas. Les enfants allaient bientôt quitter la feuille qui leur servait de nid douillet et Biola allait se retrouver toute seule.
L’hiver approchait à grands pas. Elle trouva refuge sous une pierre moussue mais elle grelottait. C’était son coeur qui avait froid.
Elle espéra que ce grand sommeil l’apaiserait un peu.
Mais, au réveil, par habitude sans doute, elle chercha l’espace d’un instant son compagnon avant de se rappeler son absence définitive. Une larme coula sur sa petite joue de coccinelle. Elle savait dès à présent que cette petite larme vivrait éternellement au fond de son coeur. Le chagrin même s’il parait plus léger parfois, ne disparaît jamais vraiment. N’allez pas croire qu’un AMour de coccinelle est plus léger que ce notre. Il est tout aussi profond et sincère. Elle n’avait connu que lui, il était son protecteur, il était sa vie. Et, là, un trou béant avait envahit son coeur.
Pourtant, elle n’avait pas peur. Elle avait juste mal.
C’était comme si un étau enserrait son petit coeur de coccinelle, comme si plus jamais elle ne réussirait à prendre de grandes bouffées d’oxygène, celles qui l’enivraient tellement autrefois.
Une peur terrible l’envahit soudain. Elle eut peur d’oublier Frip, peur d’oublier tous les bons moments qu’elle avait passés à ses côtés.
Alors, elle chercha une jolie plume et du papier. Car, il existe aussi des écrivains chez les coccinelles. Certaines ont un devoir de mémoire.
Chaque matin, dans le langage des coccinelles, elle y couchait un souvenir, joyeux ou triste mais un petit bout de sa vie avec son compagnon de toujours. Il lui sembla alors que toute sa vie lui revenait. Que, lorsqu’elle fermait ses petits yeux de coccinelles (qu’elle avait fort beaux), Frip se tenait devant elle, souriant. Il lui disait merci, de son plus joli sourire. L’instant était fugace mais il lui permettait chaque matin de vivre encore.
Sans cela, le chagrin l’aurait anéanti. Le passé l’assaillait, Biola pensait ne jamais avoir assez de temps pour relater tout ce qu’ensemble ils avaient traversé. Elle ferait simplement de son mieux.
La vie d’une coccinelle est assez courte mais, lorsqu’on a mal, dans son coeur, elle parait toujours trop longue.
Aussi, lorsqu’elle s’éteint un samedi du joli mois de mai, la petite coccinelle fut soulagée. Elle avait raconté toute sa vie. Biola l’avait certainement embellie parfois mais se rappeler ces évènements heureux ou malheureux l’avait aidée à continuer seule le chemin.
Elle était surprise que sa vie de coccinelle tienne finalement sur si peu de pages, elle qui avait l’impression d’avoir vécu mille ans.
Tout simplement parce qu’elle avait vécu chaque instant comme si c’était le dernier. Elle avait fait en sorte de profiter de chaque minute, du mieux qu’elle pouvait. Même après la disparition de Frip, se consacrer à la narration de son passé avait été sa manière à elle de profiter encore car, ce qu’elle désirait plus que tout lorsqu’elle refermerait la grande porte, c’était de n’avoir aucun regret, JAMAIS!

9 novembre 2012 0 Commentaire

Comme une star de cinéma

Comme une star de cinéma dans Textes 29833-250x300

Elle ne sort jamais sans avoir retouché son maquillage. Une touche de bleu sur les paupières, un soupçon de rouge sur les lèvres…une énième couche de fond de teint qui donne bonne mine. Elle passe et repasse devant le miroir afin d’être certaine que ses souliers mettent en valeur ses jolies jambes, que sa taille de guêpe est suffisamment marquée…Elle a vingt ans et se persuade chaque jour qu’un prince charmant viendra l’enlever très prochainement. Cette maison, ce quartier… non, vraiment, elle n’est pas à sa place.
-Et où est ta place? lui demande Aglaé sa cadette, visiblement agacée par ce manque de lucidité.
-Tu verras, je serai actrice, bientôt on me remarquera lui rétorque Fleur de sa voix la plus douce, ce qui a le don d’énerver plus encore sa petite sœur.
-Dans tes rêves lui jette Aglaé alors que Fleur est déjà sur le palier.
Et elle la regarde partir. Elle va, la tête haute, la démarche chaloupée. Elle n’est jamais pressée. Elle a de grands cheveux blonds bouclés qu’elle aimerait simplement ondulés. Ses yeux bleus ressemblent à ceux des chats, étirés, en amande…elle bat régulièrement des cils, qu’elle a longs pour parvenir à ses fins. Elle a le teint pâle des femmes blondes, un corps mince qu’elle ne prend pas la peine d’entretenir. Il est beau tout seul se vante t’elle.
Aglaé reconnait que sa sœur est une beauté. Mais, la beauté est éphémère et Fleur ne semble pas s’en rendre compte. Elle échafaude des rêves merveilleux, elle vit sur un nuage.
Elle l’accompagne parfois au théâtre. Elle ne lui trouve pas de talent particulier. Ce n’est pas qu’elle joue mal mais, elle ne sort pas du lot. Alors, pourquoi la remarquerait-on?
Aglaé vient d’être majeure et a la tête sur les épaules. Elle veut être médecin et sait que les prochaines années vont être chargées. Apprendre, encore et encore. Absorber, telle une éponge tous les cours …elle travaille toute la journée, le soir et le week-end. La première année est la plus difficile. Pas question de redoubler. Mais, elle a toujours voulu être médecin et n’envisage pas de faire autre chose. Elle s’amusera plus tard.
Elle aimerait que sa sœur réussisse sa vie. On veut toujours le meilleur pour les gens que l’on aime. Mais, celle-ci manque de jugeote. Elle fait tourner les hommes en bourrique. Elle ne travaille pas suffisamment ses textes…Aglaé n’est pas persuadée que celle-ci réussira ses examens. Elle compte toujours sur la chance, elle mise sur son physique…tout cela est tellement subjectif.

En décembre, Aglaé réussit la première partie de ses examens. Elle décida donc de se reposer entre Noël et le Nouvel An, car elle avait besoin de récupérer.

Fleur, sortit tous les soirs. Elle rencontrait des gens importants disait-elle. Mais que signifiait « important » à ses yeux?
Lorsque sa famille l’interrogeait, elle parlait de personne travaillant sur des tournages de films qui pouvaient lui présenter des gens « importants » (encore), des figurants…
Aglaé se permit un jour une remarque : » Fleur, quelqu’un d’important est quelqu’un qui peu t’aider dans ta carrière. Je préférerais que tu me parles d’acteurs, de réalisateurs…là, on pourrait parler de gens « importants » mais tes « pseudo » amis qui n’avancent pas plus que toi dans la profession…laisse-moi rire…
Vexée, Fleur monta dans sa chambre et n’en ressortit que deux heures après, une valise à la main.
-Ok, tu as raison lança t’elle. Je vais à Paris, là où sont les metteurs en scène, les réalisateurs, les studios…Et, tu verras qu’avant même que tu t’en rendes comptes, je serai déjà célèbre.
Son père lui demanda de réfléchir mais elle était têtue et ne revint pas sur sa décision.
Pas d’effusions. Fleur claqua la porte en sortant. On lui avait pourtant toujours dit que c’était un signe de faiblesse…

Les mois passèrent et Aglaé continua d’un travail acharné. Elle valida sa première année et fut acceptée en seconde année de médecine. Elle fit un stage de quinze jours dans une clinique puis décida d’aller rejoindre sa sœur. Elle n’avait plus beaucoup de nouvelles et s’en voulait terriblement.
Elle alla directement à Montmartre, à l’adresse indiquée. Un appartement situé au dernier étage, sans ascenseur. Quand elle frappa à la porte, ce fut une fleur habillée en femme de chambre qui lui ouvrit. Toutes deux restèrent muettes de surprise.
Elles prirent la parole au même moment. L’une pour demander ce que l’autre faisait là et l’autre pour savoir ce que signifiait cette tenue.
Elles éclatèrent de rire puis se serrèrent fort l’une contre l’autre, en essayant de retenir leurs larmes.
-Tu me manquais trop dit Aglaé alors, je suis venue. Et toi? Tu as un rôle de soubrette? Tu joues au théâtre?
-Oui, c’est cela! Je faisais les dernières retouches. Tu me connais. Je vais te laisser les clés car je dois filer. Je risque de rentrer tard car nous allons dîner au restaurant après la représentation. Fais comme chez toi. Demain, c’est relâche, on parlera.
Un petit bisou sur le front et elle était déjà dans les escaliers.
Aglaé fit le tour du propriétaire. Des manuscrits traînaient ça et là. Elle fit un peu de rangement puis, constatant la pauvreté du garde-manger, elle descendit faire les courses. Son père lui avait donné de l’argent aussi se fit-elle plaisir. Foi gras et champagne. Il fallait fêter ces retrouvailles dignement.
Elle s’avachit dans le canapé pour le restant de la soirée et s’endormit sans même le déplier.
Au petit matin, ce fut l’odeur des tartines grillées qui la réveillèrent. Fleur avait préparé le petit déjeuner.
Aglaé lui avoua avoir regardé les manuscrits qui jonchaient le sol.
-Tu as du travail on dirait. Tu auras bientôt un rôle à ta mesure.
Fleur, le sourire crispé, lui avoua qu’elle allait de petit rôle en petit rôle. Parfois, il s’agissait juste de jouer la potiche. Elle se présentait à tous les castings mais le premier rôle n’était jamais pour elle. Elle commençait à perdre confiance. Elle avait justement une audition le surlendemain et elle paniquait à l’idée d’échouer encore.
Aglaé tenta de la rassurer. Elle lui ferait travailler son audition. Elle réussirait. Si elle avait eu de petits rôles, elle était capable de faire mieux. Il faut bien commencer par quelque chose.
Elles décidèrent d’aller se promener et de manger en ville. Un zèbre à Montmartre était le restaurant préféré de Fleur.
Vers 12h30, elles prirent place en terrasse. Aglaé s’absenta quelques instants pour se laver les mains. Au sortir des toilettes, elle fut heurtée par un homme d’une quarantaine d’années. Celui-ci s’excusa et proposa de lui offrir un verre. Elle avait le cœur gai et accepta l’invitation.
Elle lui demanda de le rejoindre en terrasse. L’homme, accompagné d’un ami ne se fit pas prier.
Ils entamèrent la conversation. Fleur s’était remise à ciller tandis qu’Aglaé restait naturelle. Chacun s’enquit des occupations de l’autre et le hasard vint s’asseoir à leur table ou devrais-je écrire : le destin. Notre quadragénaire était cinéaste et son ami comédien. Aglaé, qui a sa grand honte aimait davantage le cinéma américain n’avait pas reconnu en l’homme, Christophe Honoré, ni l’acteur Emmanuel Salinger.
Par le plus grand des hasards, (il en faut bien un peu dans cette chienne de vie), ils étaient à la recherche d’une actrice pour leur prochain film. Aglaé les intéressait. Elle ressemblait vraiment au personnage. Elle était brune, pas très grande, sportive sans être mince. Elle avait des yeux qui pétillaient et un sourire franc. Mais, Aglaé les arrêta tout de suite. Elle ne souhaitait pas être actrice. Sa sœur méritait une chance.
Les deux hommes aimaient décidément ce petit bout de femme. Ils conclurent un marché. Fleur ferait des essais mais elle devait être brune dès lundi matin et changer de look. Fleur vexée mais ravie promit de ne pas les décevoir. Ils lui laissèrent un scénario. Elle avait un peu plus de 24h pour entrer dans la peau du personnage.
Ils mangèrent ensemble, parlant des choses de la vie. Les deux hommes n’avaient pas encore attrapé le virus de la « célébrité puante inaccessible ». Cette rencontre inopinée les enchantait. Personne n’essayait de les flatter. Fleur ayant immédiatement été recadrée par Aglaé.
Ils échangèrent leurs coordonnées et se promirent de se retrouver dès le lundi matin.
Une fois les deux hommes partis, Fleur éclata en sanglots!
-Tu vois bien, c’est toi qu’ils veulent. Ils ne m’avaient même pas remarquée. Je suis nulle.
Aglaé la sermonna et toutes deux reprirent immédiatement le chemin de la maison. Elles avaient du travail.
Elles répétèrent encore et encore. Aglaé appliqua une couleur brune sur la chevelure de sa sœur. Aucun cheveu ne fut épargné.
Puis, elle lui fit travailler sa gestuelle après avoir lu le scénario. Petit à petit, Fleur devenait Isabelle, l’héroïne. Le mimétisme était stupéfiant.
Fleur s’oubliait enfin pour devenir l’autre. Finies les simagrées, les manières affectées pour attirer l’attention. Elle semblait être faite pour le rôle. C’était comme si elle venait de grandir tout à coup, comme si elle avait enfin compris que le paraître ne sert à rien, il faut le vivre de l’intérieur.
Fleur serait certainement une grande actrice.

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