Juste comme il faut!
Personne ne lui dit jamais rien! Elle vit au milieu de tout le monde et pourtant, elle se sent seule. Elle aide ses voisins, elle aide ses copains…sans jamais rien attendre en retour. On dit d’elle que son cœur est énorme. On ajoute aussi en parlant d’elle : »elle est gentille » ou « elle est trop bonne » Et, Sandrine a horreur de cette expression à laquelle on ajoute trop souvent : « trop bon, trop con! »
Car, vous ne lui ferez jamais faire ce dont elle n’a pas envie. Si elle aide son prochain, c’est simplement parce que la misère de certains la touche et la blesse. Sa voisine âgée de 80 ans, a tellement de mal à faire ses courses… De plus, elle n’entend plus très bien. Mais, lorsqu’elle lui raconte ses histoires passées…elle a des étoiles dans les yeux. Son bonheur fait plaisir à voir. Plus loin dans la rue, lorsque Jean peine, le cahier de lecture sur les genoux, elle l’invite chez elle. Ancienne institutrice à la retraite, elle l’aide dans ses devoirs presque quotidiennement.
Si Sandrine n’a plus ou peu de famille, elle se plait au milieu de tous ces gens qui habitent sa rue et qui pourtant, ne lui disent jamais rien., enfin jamais rien de personnel. Ils parlent de la pluie, du beau temps, des événements. Elle leur a interdit il y a bien longtemps de la mêler à la vie des gens. Car, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent ces gens tant que cela ne la blesse pas. Alors, les ragots et autres racontars..elle les laisse à la concierge, celle qui dit qu’elle n’a jamais le temps et qui pourtant bavarde à longueur de journée. Non, Sandrine refuse catégoriquement de porter un quelconque jugement sur autrui car on ne connait jamais le passé de l’autre, les événements qui l’ont conduit à agir comme ceci ou comme cela, les drames parfois…
Sandrine fait preuve de discrétion dans toute chose. L’aide qu’elle apporte au quotidien en gardant un animal, un enfant…en aidant Mamie à faire ses courses, Jean ses devoirs…est toute naturelle. D’ailleurs personne ne ressent de la gêne lorsqu’il lui demande un service.
Parfois, on l’invite à prendre le thé mais, allez savoir pourquoi jamais à dîner.
On peut être une belle personne mais quoi qu’il arrive, sur cette terre, nos jours sont comptés et c’est ainsi. Sandrine malade, disparut un jour, comme la neige qui fond au soleil…tout doucement, sans faire de bruit. Sur la pointe des pieds. Rideau.
Et, dans la rue, la vie a continué son cours…ni plus vite, ni différemment. Chacun englué dans son quotidien a suivi le chemin.
Pourtant, à la fin de l’été, alors qu’on la croyait complètement oubliée, un enfant de 7 ans, qui s’appelait Jean, lors de la fête de fin d’année et devant tous les parents, a lu à haute et intelligible voix un poème qu’il lui dédiât. Il l’avait écrit tout seul, comme un grand.
Madame Sandrine a la couleur de l’arc en ciel .
Et dans son cœur brille un soleil.
Elle m’a appris à lire et à compter,
Moi, qui trouvait cela si compliqué.
Maintenant qu’elle n’est plus là,
Me débrouiller tout seul, je le lui dois.
J’aimerais que de là-haut, elle m’entende crier,
Merci, merci, de m’avoir aidé.
Ces quelques vers firent trembler les mentons de tous ces gens qui venaient de recevoir une grande leçon de la part d’un tout petit garçon.
Les meilleures bonnes actions sont celles qui s’ignorent…
La vérité sort toujours de la bouche des enfants…
Dernière publication sur : DEMANDE DE FERMETURE DEFINITIVE DE CE BLOG
Bonjour
Comme j’aime ce texte!
Quand on a envie d’aider, on ne peut s’empêcher de le faire!
On est souvent oublié(e) mais bon c’est la vie!
Et on n’agit pas ainsi pour obtenir quelque chose en retour!
Peut-être un « bonjour », un sourire!
Bonne journée
Amicalement
Francine
Dernière publication sur Mes émotions : A cette enfant que j'étais °°°°°
Ce texte a été écrit avec le coeur….Laisse le parler…..
Belle leçon de vie!
Trop souvent on ne prend pas conscience des qualités de ces personnes qui s’activent dans la discrétion, mais avec une grande efficience. Elles sont là à nos côtés presque insignifiantes,parfois invisibles tout simplement parce que nous ne voulons pas les voir.
Ce n’est que lorsqu’ elles ont disparu, que l’on comprend hélas tardivement la richesse de coeur qu’elles nous dispensaient.
Il a fallu l’innocence et l’intelligence, sans calcul, de cet enfant pour trouver les mots simples afin d’ exprimer sa reconnaissance sous la forme d’une prière. Une bien belle manière pour dire merci.
Je conclus par cette pensée:
-C’est lors d’une séparation d’avec l’autre, que l’on réalise la place qu’il occupe en soi. -
Bonne soirée. Avec mon amitié
Philosophe
ALors, on se lance dans la prose très cher? Oui, c’est toujours l’absence qui révèle l’absence…merci d’être passé et bonne soirée. CHarlotte