15 décembre 2012 1 Commentaire

La tête entre les mains

La tête entre les mains dans Textes 43734183

C ‘est Noël.

Hervé est adossé au mur, la tête entre les mains. Il ne trouve pas l’inspiration aujourd’hui. Il l’a cherchée toute la journée, à travers le petit écran, dans la rue, au supermarché. Ce soir, c’est le syndrome de la page blanche qui domine.

Il pensait sortir avec Martine, elle a toujours de bonnes idées mais elle avait rendez-vous avec Tom, son galant préféré. Elle lui aurait offert un peu de cette gaîté qui lui est si familière. Elle qui prend toujours tout à la légère.

Alors, il a contacté Flo mais celle-ci était au lit terrassée par un méchant rhume. La fatigue avait eu raison d’elle, qui ces dernières semaines s’était lancée dans un marathon de sorties entre copines. Elle allait accéder à une dizaine supplémentaire: celle de la trentaine et elle le vivait très mal. Pas une journée ne se passait sans qu’elle ne lui demande si ses seins ne tombaient pas, si son petit cul était toujours aussi rebondissant, si ses yeux…Il jouait le jeu avec grand plaisir et pour la rassurer lui faisait l’amour. Quand elle se sentait désirée, Flo ressemblait à un diamant brut. Son regard devenait de braise et elle débordait de sensualité.

Il soupira longuement. Il n’avait pas envie de rester seul pour le moment, pas en cette période de fêtes.

Il se résigna donc à téléphoner à Béa. Il aimait sa douceur mais s’énervait souvent devant sa naïveté. Elle croyait tout ce que les gens lui disaient. Elle ne voyait pas les sourires en coin, les clins d’yeux, les petits coups de coude. Rien, elle ne voyait rien. Ferait-elle un bon médecin? Hervé en doutait. Elle avait un caractère de suiveur et non de meneur. Bien-sûr, jamais un mot plus haut que l’autre, jamais contrariante. Au quotidien, cela devait être agréable mais Hervé aimait les femmes de caractère.

Il était encore célibataire. Très exigeant, trop exigeant. Il le savait. Brune ou blonde, cela lui importait peu. Le premier regard était important, il ne pouvait le nier. Mais, avant même de regarder la plastique, il voulait parler savoir où il mettait les pieds, enfin son cœur…Certaines, qui déjà minaudaient, le trouvaient étrange. Elles n’avaient pas froid aux yeux et quand elles jetaient leur dévolu sur un garçon, elles n’acceptaient aucune résistance. Hervé s’était plusieurs fois fait chahuter. Elles lui demandaient s’il préférait les hommes. Il répondait boudeur, qu’elles n’étaient juste pas son genre.

Et, c’était quoi son genre? Il ne le savait pas lui même! Au pays des insectes, il aurait été la parfaite petite abeille! Toujours en train de butiner. Aucune de ses nombreuses relations n’avait excédé 2 mois. Cela ne l’empêchait pas « appartenir » à un groupe d’amis et de s’y sentir bien mais, le temps avançait et le nombre de célibataire s’amoindrissait. Les couples fréquentaient d’autres couples…les soirées se raréfiaient.

Hervé ne demandait pas mieux que de pouvoir vivre à deux. Ce soir, plus particulièrement. Les fêtes de fin d’année le rendaient nostalgique et amer. C’est toujours à ce moment là qu’il faisait le bilan de sa vie et que, la bouche sèche, il avait l’impression d’en être encore aux prémisses. Rien, il ne se passait rien.

Et, ce soir, la tête entre les mains, il ne trouvait pas l’inspiration. Il devait déposer un article au journal mais rien ne l’inspirait. Il somnolait, le vin faisait effet.

Tout à coup, la sonnette retentit. Il se leva, tout engourdi. Au passage, il se rempli à nouveau son verre de ce breuvage rouge sang qu’il affectionnait tant. Sans même regarder par l’œil de bœuf, il ouvrit.

Un charmant sourire lui déclara: » Bonsoir, je suis votre nouvelle voisine de palier. Je m’ennuie à mourir ce soir. Pourrais-je joindre ma solitude à la votre? C’est Noël après tout! »

Ébahi, il s’écarta afin de la laisser entrer. Il ne trouvait pas les mots. Il avait l’impression qu’en face de lui une fée venait d’apparaître et qu’elle serait sienne à tout jamais.

Il est des instants magiques, où, sans même échanger, on sait… On sait que c’est l’être aimé, celui que l’on attendait.

La pudeur m’empêche de raconter ici ce qui s’est passé. Ce n’était pas un miracle, juste la vie qui avait commencé.

Une réponse à “La tête entre les mains”

  1. Viviane 15 décembre 2012 à 21 h 59 min #

    C’est toujours avec autant de plaisir que je te lis
    Bonne soirée Plius
    Viviane


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